ACCEDER AUX ARTICLES



Notre cerveau n’est pas figé, contrairement à ce que l’on pensait. Sa plasticité offrirait un potentiel thérapeutique insoupçonné. Mais par quels moyens agir sur un organe dont l’organisation matérielle est de nature changeante ?

 

Héraclite d’Ephèse déclamait : « Rien n’est permanent sauf le changement ». Les enseignements de ce contemporain de Bouddha et Lao-Tseu ne cessaient de souligner combien tout se transforme. Tout change ? Voilà l’idée à laquelle la plasticité neuronale - capacité du cerveau à se modifier et donc à se soigner - vient nous confronter. Il était pensé jusqu’à récemment que cet organe neuronal se figeait une fois adulte. La science a découvert qu’il est en réalité flexible tout au long de la vie. Lueur d’espoir pour les personnes souffrant de pathologies neurologiques, cet état « plastique » soulève - au côté des cas de guérisons inexpliqués d’autres organes - de vertigineuses questions. Les supposées fixité et irréversibilité biologiques sont mises à mal. Nos physiologies tendent certes à stabiliser des habitudes, mais sont-elles si immuables ? La plasticité et les rémissions spontanées semblent montrer que non. Notre biologie semble répondre à des directives énergétiques et psychiques.

 

Une idée novatrice

Proposée pour la première fois en 1890 par le psychologue William James, l’idée novatrice de neuroplasticité est reprise par Santiago Ramon y Cajal, prix Nobel de médecine en 1906. Néanmoins, la médecine du XXe siècle, lancée sur des rails matérialistes et déterministes, persiste à penser que le cerveau est stable une fois mature - sauf l’hippocampe, siège de la mémoire. Il faut attendre 1969 pour que Geoffrey Raisman, considéré comme le véritable père de la plasticité neuronale, établisse de manière définitive la capacité du cerveau à constituer de nouvelles synapses à la suite d’une lésion chez l’adulte. En 2000, les travaux initiés par Eric Kandel sur ce champ d’étude sont l’objet d’un prix Nobel de médecine. Conclusion : le cerveau est capable de créer, défaire ou réorganiser les connexions de ses neurones et leurs réseaux. Et cette propriété serait présente à tous les niveaux : moléculaire et synaptique, à l’échelle du corps cellulaire, des axones, des dendrites etc... En bref, le cerveau reste toujours plastique et malléable, même lorsqu’il est adulte et atteint de pathologies sévères. C’est « un système dynamique, en perpétuelle reconfiguration », signale l’article Le cerveau, comment il se réorganise sans cesse, des Dossiers de la recherche en août 2010.

Lire la suite dans Inexploré n°33 - www.inrees.com

 

Principes de bases

L’une des lois fondamentales de la neuroplasticité est que les neurones qui s’activent ensemble se connectent ensemble. La répétition d’une expérience renforce ainsi les liens entre les neurones concernés et produit des changements structuraux à l’intérieur de ceux-ci. Et l’inverse est également vrai ! Lorsqu’une personne cesse de pratiquer une activité, les réseaux correspondant s’affaiblissent et peuvent disparaitre. Autre phénomène important à prendre en compte : il peut y avoir des synchronisations, ou à l’inverse des désynchronisations, massives de neurones. Si bien que certaines pathologies issues d’un brouillage neuronal, ou d’un « cerveau bruyant », peuvent se rétablir lorsque des signaux permettent une réharmonisation générale. « Il est donc possible d’utiliser ces principes pour favoriser les associations neuronales bénéfiques et défaire celles qui sont nuisibles », indique Norman Doidge, psychiatre et auteur de Guérir grâce à la neuroplasticité. Bonne nouvelle : il serait possible d’utiliser la flexibilité neuronale pour améliorer de nombreuses conditions.

Des soins surprenants

Mais comment jouer sur les connexions d’un système dynamique dont la configuration matérielle ne cesse de changer ? Simple : en stimulant les éléments dynamiques de ce système. C’est ainsi que Norman Doidge, chercheur affilié aux universités de Toronto et de Columbia à New-York, confirme que c’est bel et bien par le biais d’approches énergétiques et mentales que la plupart des grands neuroplasticiens travaillent actuellement. C’est surprenant. Doidge rapporte ainsi comment de nombreux cas de Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaque, dépression, lésions suite à un AVC ou un traumatisme crânien, ont été améliorés ou guéris par des traitements lumineux, sonores, électromagnétiques, par le mouvement, le toucher ou des approches mentales. « J’ai été témoin de cas d’autisme guéris via des sons dans l’oreille, de déficits de l’attentions soignés par des vibrations à l’arrière du crâne, de symptômes de sclérose en plaque et de séquelles d’accident vasculaire cérébral atténués par des stimulations électriques de faibles intensité sur la langue », rapporte-t-il.

En 2009, Gabrielle s’entend dire qu’une tumeur comprime d’importantes structures neuronales occipitales de son cerveau. Il faut la retirer. L’opération qui lui sauve la vie la laisse avec des séquelles motrices et cognitives. Elle doit être assistée quotidiennement. En décembre 2011, elle commence un traitement lumineux dirigé vers certaines zones de son cerveau - avec un laser Bioflex de basse fréquence élaboré par le Dr Fred Kahn. En mars 2012, il est établi qu’elle a retrouvé la mémoire et les facultés cognitives lui permettant de mener plusieurs tâches de front. En octobre 2012, elle reprend le volant de sa voiture. « Le cerveau de cette femme s’est recablé grâce à la lumière », indique Norman Doidge. Le Dr Kahn a par ailleurs traité d’innombrable patients souffrants de pathologies neuronales avancées.

Diriger l’esprit

« L’un des moyens les plus efficaces de parvenir à ces résultats est la pensée elle-même ! », poursuit Doidge. A la suite d’un accident nautique, Michael Moskowitz, psychiatre, souffre d’une douleur persistante à la nuque. Le problème avec la douleur, c’est que plus elle s’établi plus le cerveau garde l’habitude de la signaler. Même lorsque la lésion physique est guérie – comme avec le Dr Moskowitz -, le cerveau continue parfois d’envoyer un signal, provoquant une douleur dite « neuropathique ». Après avoir planché sur la neuroscience et être devenu un spécialiste de la douleur, le psychiatre estime que son cerveau a besoin d’une contre stimulation pour défaire ce schéma. Il établit alors une liste d’activités à entreprendre lorsque la douleur apparait pour orienter ses neurones vers d’autres chemins. Il entreprend notamment de visualiser intensément la carte cérébrale de sa douleur en train de rétrécir. Au bout de 6 semaines, beaucoup de persévérance - et après des années de souffrance -, sa douleur disparait pour ne plus jamais revenir.

A l’heure d’aujourd’hui le Dr Moskowitz a traité un grand nombre de patients souffrant de séquelles de pathologies graves. « Utilisée de façon répétée, la visualisation représente un moyen très direct de se servir du mental pour stimuler les neurones. Sur les scanners cérébraux, on voit le sang affluer vers les neurones du système visuel en activité », précise Norman Doidge. Travailler sur le « corps imaginaire » activerait la plasticité cérébrale. D’autres études ont montré que des personnes souffrant d’arthrite rhumatoïde ont pu amoindrir leur douleur en visualisant leurs membres plus petits. Se pourrait-il que les schémas véhiculés par notre conscience, au travers de nos réseaux énergétiques, soient la véritable architecture de nos physiologies ? Agir à ce niveau peut avoir des répercussions très effectives - comme l’attestent les personnes ayant vécu des guérisons inexpliquées. La majorité d’entre elles, rapportent avoir vécu de profonds changement de conscience.

Encadré – Le cerveau n’est pas Roi

La science est passionnée par le cerveau. Dessinant son anatomie et les corrélations entre les zones neuronales et les fonctions corporelles, elle induit parfois une sorte de supériorité du cerveau par rapport au corps. « Certains spécialistes ont même commencé à le considérer quasiment comme une entité détachée du reste. (…) Or, cette vision d’un cerveau roi est fausse. Le cerveau est apparu plusieurs millions d’années après le corps dans le but de l’assister », note Norman Doidge. Les méthodes énergétiques et corporelles utilisées par les neuroplasticiens indiquent combien jouer sur l’entièreté du corps permet une meilleure adaptation neuronale.

EN BREF...

Mon regard se porte sur ce qu'on appelle aujourd'hui le « nouveau paradigme », particulièrement sur les nouvelles tendances dans les domaines de la médecine et des sciences du vivant, des thérapies et du développement spirituel... Je suis masteurante en philosophie, titulaire de diplomes de psychothérapie et d'homéopathie. Lire la suite...

J'oeuvre pour la promotion d'un savoir respectueux de l'intelligence du vivant, de la réalité d'une symbiose entre l'homme et son environnement et de la profonde capacité de l'humanité à évoluer

NEWSLETTER

Email:
Suject:
Message: