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Journaliste pour la télévision québécoise, France Gauthier jouissait d’un renommée certaine dans son milieu. Loin d’imaginer qu’à la suite d’un reportage sur le paranormal, cette sceptique deviendrait actrice d’un changement de mentalité dans son pays.

Depuis la belle région de l’Estrie, au Québec, elle me raconte son histoire via la magie de Skype. France Gauthier est du genre enthousiaste, franche et drôle. « Je suis née dans une famille de scientifiques et je ne croyais en rien. Disons que j’étais plutôt agnostique : si quelqu’un m’avait apporté des preuves, j’étais disposée à les entendre. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé ! Mais il a fallu des concours de circonstances. De moi-même, je ne me serais jamais intéressée à un sujet comme la médiumnité ! », s’exclame-t-elle en riant. En effet, cette journaliste, qui ne reculait devant aucune enquête difficile, s’est retrouvée malgré elle au cœur d’une investigation commandée par une chaîne de télévision. Et celle qui pensait que les clairvoyants n’étaient que des charlatans a vu sa vie basculer après les avoir rencontrés.

 

 

Une petite star

Douée à l’école, France était certaine de vouloir exercer le même métier que son père : médecin. Mais voilà qu’en troisième année d’études en sciences de la santé, elle réalise qu’elle est beaucoup trop empathique pour ce travail. Une amie de la famille, Denise Bauer, directrice des nouvelles sur France 2, lui propose de venir à Paris pour se changer les idées. Curieuse, elle visite les coulisses du journal télévisé et suit une reporter. C’est le coup de foudre ! Elle s’engage dans des études de journalisme à l’université de Montréal. Lauréate d’un concours réservé aux jeunes professionnels, elle se retrouve à mener des enquêtes pour le célèbre Jean-Luc Mongrain, animateur d’une émission sur les affaires publiques, très suivie sur TVA – une chaîne de télévision équivalente à TF1. France Gauthier devient alors une petite star de la télé. « Les gens appelaient pour dénoncer des injustices. On enquêtait. Et huit fois sur dix, il me suffisait de dire que c’était France Gauthier au téléphone pour que tout s’arrange. Personne ne voulait se retrouver devant Jean-Luc Mongrain à la télé ! Nous avions donc l’incroyable possibilité de transformer les situations, mais ça ne me ressemblait pas de critiquer le système sans arrêt. Je n’étais pas heureuse », se souvient-elle.

 

 

L’impression de n’être rien

À 33 ans, France Gauthier tombe malade: « Je me suis réveillée avec des vertiges à en tomber par terre. Je ne voyais presque plus de l’œil droit. J’ai passé des examens. Les médecins n’ont rien trouvé. » Pendant cette période, une amie lui demande de lui trouver un voyant. Après enquête, elle repère un ancien directeur des communications de l’université de Montréal qui dit avoir tellement de visions qu’il doit faire des séances avec des clients pour en être soulagé. Le jour du rendez-vous, l’amie annule. Bien que cela ne l’intéresse pas, France y va à sa place, par politesse. L’homme ressent tout de suite son énorme fatigue, puis l’alerte sur la santé de sa mère. « Ma mère n’est pas malade, rétorque la journaliste. De toute façon, je peux vous tester, j’ai deux mères : ma mère biologique et ma nourrice. » Le voyant lui décrit l’allure de sa mère biologique, une blonde costaude. Il poursuit en affirmant qu’elle a un problème au cœur et que si elle ne va pas voir un médecin, elle pourrait partir d’une embolie « en un clin d’œil ».

France Gauthier, perplexe, conseille tout de même à sa mère de consulter un cardiologue. Que trouve-t-il ? Que sa patiente souffre d’une fibrillation auriculaire. Il précise qu’elle aurait en e et pu subir une embolie soudaine. Pour autant, la journaliste ne s’arrête pas à cette anecdote. Au bout de plusieurs mois, elle retourne travailler comme avant... ou presque. « Cet arrêt m’a fait réaliser que je m’identifiais tellement à ce que je faisais que lorsque je n’étais occupée à rien, j’avais l’impression de n’être rien. J’ai senti qu’il fallait que je cultive mon être », souligne-t-elle. Elle devient mère, commence à travailler de chez elle et anime des émissions culturelles à la télévision.

 

 

« Votre père est là »

En 2002, Claire Lamarche, une autre
célèbre animatrice de la télévision, lui demande d’enquêter sur une médium.
 « Claire Lamarche, à la manière d’Oprah
 Winfrey, a changé les mentalités ici. Elle affrontait les tabous », indique la journaliste qui se rend alors chez Marjolaine Caron – la médium en question – avec une collègue. France Gauthier passe en premier. La seule chose que la mystérieuse dame sait sur elle est que son père est décédé. « Votre père est là », dit- elle. « Facile, vous savez qu’il est mort », répond la journaliste assise bras et jambes croisés, prête à bondir sur la moindre faille. Cependant, au bout de trois minutes, elle fond en larmes.

Marjolaine Caron décrit deux personnages : son père et sa « deuxième mère », sa nounou. Celle-ci aurait fait signe qu’elle ne voulait pas les déranger, disant : « Je veux seulement assister à ces belles retrouvailles. » La médium rapporte ensuite des histoires dont il est impossible qu’elle ait eu connaissance. Elle donne des détails que France ne connaissait pas elle-même – et dont elle découvrira la véracité après vérification. À un moment, la médium s’exclame : « Mais, il me drague ! Qu’est-ce qu’il est drôle, votre père... » « Mon père était un clown. Il aimait les femmes. Il s’est donc présenté à elle avec toute sa personnalité. Elle me l’a même décrit avec un pull à col roulé – il mettait toujours ce style de vêtement », confesse la journaliste.

À la fin de la séance, la médium lui demande elle connaît un homme qui s’appelle Normand. « Non », répond la journaliste, qui sait pourtant très bien qui est Normand : le mari décédé de la collègue qui passe après elle. « C’est comme si les défunts attendaient leur tour ! », s’étonne-t-elle. Les deux enquêtrices se retrouvent dans la voiture, en état de choc. France Gauthier veut comprendre ce qui s’est passé. Elle utilise ses techniques d’enquête pour chercher une brèche. « Je n’ai rien trouvé », avoue-t-elle. Le pro- gramme est diffusé le 28 février 2002 – coïncidence, c’est la date du vingt-cinquième anniversaire de la mort du père de France. La chaîne de télévision TVA tremble sous des milliers d’appels.

 

 

Guérison émotionnelle

Plus rien ne sera comme avant. La médium, qui pratique également l’écriture automatique, con e une lettre à France Gauthier dans laquelle son père aurait conclu : « On ne réglera pas tout en une heure, ma fille, il va falloir que tu reviennes. » Un an plus tard, en 2003, elle y retourne. Par la suite, elle a elle-même une vision. Au réveil, elle voit la pochette d’un livre sur laquelle est écrit en lettres blanches sur un fond indigo : « Médecin de l’âme ». « Dans les lettres, mon père disait que dans l’au-delà il était un médecin de l’âme. J’ai dit : “O.K., je vais te l’écrire ce livre !”», rapporte-t-elle. On ne meurt pas se vend à plus de 50 000 exemplaires.

L’éditeur du magazine La Semaine – l’équivalent de Paris Match – lui propose alors de publier des interviews de personnalités qui ont vécu des histoires extraordinaires : éveil spontané, sortie hors du corps, perception extrasensorielle, expérience de mort imminente... Pendant quatre ans, France Gauthier lit des montagnes de livres, teste toutes sortes de techniques, interviewe des centaines de personnes : le psychanalyste Guy Corneau, la chanteuse Nanette Workman, le médium Pierre Lessard – avec qui elle écrit deux livres. « J’ai vu qu’il y a des dénominateurs communs à ce que ces personnes racontent, qui se retrouvent aussi à la base des courants spirituels. J’ai vu que nous sommes beaucoup plus que notre corps physique et que d’autres niveaux de conscience sont accessibles à tout le monde », remarque-t-elle.

Par la force des choses mais aussi par choix, France Gauthier s’engage dans un profond travail de transformation. Elle publiera notamment C’est quoi l’amour ?, un livre qui retrace l’histoire de sa guérison émotionnelle. « À partir de 2007, j’ai pratiqué l’écriture inspirée avec Anne-Marie Séguin, ma sœur d’âme, qui m’a accompagnée pendant six ans de nettoyage émotionnel intense. Cela a eu des conséquences directes sur mon corps physique. Fini les crises de rhumatisme, les problèmes digestifs », s’émerveille-t-elle.

 

Un acte de foi

En mai 2010, des contrats de travail sont annulés. Que faire ? « Il faut que tu fasses un “reset”, une réinitialisation. Tu arrêtes tout, et quand tu reviendras, ta création aura décuplé », entend-elle en inspiration. Alors qu’elle sait qu’au mois de septembre elle n’aura plus un sou, France Gauthier prend le risque de suivre cette « prescription ». Elle va à la campagne, passe l’été à prendre soin d’elle, à jouer avec ses enfants et à pratiquer l’écriture inspirée. Cet acte de foi semble avoir été payant. Au milieu de l’été, elle reçoit comme message : « Le Web est votre toile qui peut faire lever le voile. » « C’est telle- ment beau que c’est sûr que ça ne vient pas de moi ! [Rires.] J’ai compris qu’il fallait que je monte un site Internet », partage-t-elle. Elle s’exécute. Peu de temps après, un message l’informe – à sa grande surprise – qu’elle va donner des conférences et animer des ateliers en grand nombre.

Effectivement, dans les semaines qui suivent, Denis Lévesque, un autre animateur populaire, lui propose une chronique portant sur 2012. À partir de là, son site Internet explose. Elle élabore la conférence « Ce qu’il faut comprendre de 2012 ». Pendant deux ans, il y a foule à chacun de ses événements. Ses ateliers d’écriture inspirée affichent complet. « En me mettant au service, j’ai créé autant d’abondance que quand je faisais de la télé. Ma vie est bien plus remplie de joie et je sens que je fais ce que je dois faire!», s’exclame-t-elle. En 2012, France fait une courte et intense sortie hors du corps. Elle se voit s’élever au-dessus d’elle-même alors qu’elle médite, jusqu’à se retrouver en orbite autour de la Terre. Là, elle perçoit 7,5 milliards d’êtres humains qui se tiennent la main alors qu’une voix lui souffle : « Nous sommes tous en train de créer la réalité ensemble. » Par la suite, d’autres informations lui sont données. Cela donnera la conférence: « Je suis Dieu, et vous aussi ! ». France Gauthier repart en tournée, et créé également l’École de la vie.

 

 

Nouveau paradigme

En 2013, son amie Anne-Marie est atteinte d’un cancer. Elle est opérée, mais le médecin l’informe qu’il n’a pas pu tout enlever et que c’est très agressif. « À la suite de ce choc émotionnel, Anne-Marie a vécu un état de lucidité très intense. Elle a vu que la mort n’existe pas, que ce n’est qu’un voile », partage-t-elle. Les deux amies décident alors de nourrir la vie ensemble, et passent un été à la campagne, à méditer et à s’occuper de leurs chevaux. Au bout de six mois, Anne-Marie est en rémission. Le récit de cette histoire est publié en 2014 dans Vivre et mourir... guéri !. En 2015, Anne-Marie rechute mais se rétablit de nouveau alors que les médecins ne lui donnaient que quelques mois à vivre. « En février 2016, elle commence à parler de vouloir partir dans la joie et le détachement. Elle fait le pari qu’il est possible de mourir dans la paix, et c’est ce qui s’est passé le 20 août dernier », informe France Gauthier, qui lui a tenu la main jusqu’à la fin.

Un des plus beaux compliments qu’on ait fait à France Gauthier est que quand c’est elle qui explique ce « nouveau paradigme » qui semble émerger, les gens comprennent : « En réalité, je dis souvent aux gens que tout ce que je raconte n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui est important, c’est que pendant que leur mental est occupé par mes paroles, je les branche sur du 220 volts et ils repartent avec l’envie d’être maîtres de leur vie ! »

 

 

EN BREF...

Je suis auteure journaliste, titulaire d'un Master 2 recherche en philosophie, de diplomes de thérapeute psychocorporel et d'homéopathe uniciste. Mon regard porte plus particulièrement sur les nouvelles tendances dans les domaines de la médecine et des sciences du vivant, des thérapies et du développement personnel. Lire la suite...

J'oeuvre pour la promotion d'un savoir respectueux de l'intelligence du vivant, de la réalité d'une symbiose entre l'homme et son environnement et de la profonde capacité de l'humanité à évoluer

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