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En 1924, la découverte dans le centre de la France de fosses remplies d’os et objets provenant de périodes historiques différentes pose question. Que s’est-il passé dans ce lieu ?

 

En 1924, Émile Fradin, 17 ans, et son grand-père Claude Fradin, découvrent une cavité à Glozel, un lieu-dit à une trentaine de kilomètres de Vichy. « Ce n’était pas une simple fosse, mais un vrai sanctuaire abritant des os, des pierres gravées, des poteries, des haches et des tablettes d’argile cuite portant les signes d’un alphabet mystérieux », rapporte Claude Arz dans Voyages dans la France mystérieuse. Plus de 3 500 objets finiront par être découverts dans des centaines de fosses. Le champ est alors baptisé le «Champ des morts».

Cependant, l’authenticité et la datation des découvertes font l’objet d’une vive controverse. Le Dr Antonin Morlet, archéologue amateur, prétendit qu’il s’agissait d’une station néolithique datant de 12 000 ans et alla jusqu’à suggérer que cela remettait en cause l’origine phénicienne de l’écriture. L’écriture serait-elle née en Europe ? « Le Pr Camille Jullian, du Collège de France, parla d’un site de sorcellerie gallo-romain, les signes gravés étant des formules magiques », complète Claude Arz. Lors d’une perquisition, la police chercha un atelier où auraient été fabriqués les objets, certains pensant alors qu’il s’agissait d’une supercherie. L’affaire connut de nombreux épisodes judiciaires. « Or les datations par carbone 14 effectuées au cours des années 1970 sur des objets en os de Glozel rendirent un verdict saisissant : 17 000 ans avant J.-C. », poursuit l’auteur.

Seulement voilà, comment associer à une telle datation la présence d’objets gravés d’une écriture, qui plus est non décryptée jusque-là ? « Les productions de Glozel sont authentiques, mais en décalage chronologique », répond Robert Liris, psycho-historien. En effet, une équipe scientifique européenne effectuera des analyses par thermoluminescence et demandera au Dr Zimmerman, de l’université de Washington, de vérifier l’authenticité des céramiques. « Les ossements dataient d’entre 15 000 et 17 000 ans, les céramiques d’environ 5 000 ans et les tablettes gravées d’environ 2 000 ans », rapporte Claude Arz. Le « Champ des morts » aurait-t-il été le lieu d’une activité maintenue ou récurrente s’étalant sur des siècles ou des millénaires ? Quelle était-elle ?

Le mystère reste entier. « Selon le philologue suisse Hans-Rudolf Hitz, Glozel aurait été un lieu de pèlerinage religieux et médical ayant attiré un grand nombre de peuples durant plusieurs siècles. Ils auraient célébré des cultes cosmiques dédiés à la déesse-mère. Différents objets auraient même pu être apportés sur les lieux par les pèlerins à titre d’offrandes », reprend Robert Liris. Cet import expliquerait la présence de tablettes gravées. Il n’en reste pas moins que ces objets semblent originaires de régions éloignées et des humains pourraient avoir voyagé sur des centaines de kilomètres pour se rendre sur le site – à des époques où l’on se déplaçait majoritairement à pied. L’attrait devait être de taille. « Il y a ici des objets de culte. Je crois que les gens de Glozel ne faisaient pas de l’art, ils voulaient entrer en contact avec des forces primitives. Ils communiquaient ainsi avec les morts », suggère le psycho-historien.

EN BREF...

Je suis auteure et journaliste, titulaire d'un Master de philosophie (DEA), de diplomes de psycho-praticienne et d'homéopathe. Mon regard porte sur les nouvelles tendances dans les domaines de la médecine et des thérapies, des sciences du vivant et de la spiritualité.  En savoir plus...

J'oeuvre pour la promotion d'un savoir respectueux de l'intelligence du vivant, de la réalité d'une symbiose entre l'homme et son environnement et de la profonde capacité de l'humanité à évoluer

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