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Energie libre
© Samuel Guigues

Pour faire face aux répercussions écologiques et géopolitiques de notre consommation énergétique, diverses pistes sont avancées. Et la question de l’énergie « libre » ne cesse de revenir sur le tapis. De quoi s’agit-il ?

 

« En France l’électricité représente 25% de notre consommation globale. Le reste, c’est du pétrole avec un peu de gaz et du charbon. Cela fait que, tout comme les autres pays dits développés, nos sources énergétiques sont majoritairement fossiles », résume le journaliste scientifique Maxence Layet, assistant parlementaire de Michèle Rivasi, députée Europe écologie-Les Verts. Dans moins de 200 ans, nous aurons épuisé ces réserves fossiles. De plus, il n’existe pratiquement plus d’endroits sur terre qui soient libre de microtraces d’hydrocarbures. Les conséquences de cette pollution ont largement été relayées. Conclusion : nous devons changer notre régime énergétique.

Les solutions manquent-elles ? « Les énergies de stock sont celles qui ne se renouvellent pas lorsque nous les consommons, ou très lentement. Les énergies de flux continuent, elles, à être disponibles même lorsque nous les utilisons. Ces énergies provenant du soleil, du vent, de l’eau, de la géothermie, de la biomasse, sont forcément les énergies du futur », complète le journaliste, fondateur du magazine Orbs, l’autre planète. Ainsi, de nombreuses ressources seraient à notre disposition. Et qu’en est-il du concept « d’énergie libre » ? Décryptage.

Les scénarios possibles

En premier lieu, ce concept désigne une forme d’énergie pouvant être accessible « librement » et de manière illimitée en plus des énergies solaire, hydraulique, éolienne ou thermique. De quoi peut-il s’agir ? « Nous sommes face à un problème de définition car tout le monde n’a pas la même compréhension de ce qu’est l’énergie libre », signale Maxence Layet. En effet, d’où provient cette énergie et quelle est sa nature ? Là est toute la question. Un premier scénario associe l’énergie libre à l’électromagnétisme ambiant – champ magnétique terrestre, rayonnements cosmiques, ondes émises par l’activité du vivant, etc. Ce niveau énergétique peut être décrit par la science classique et récupéré via certains dispositifs. Le sujet devient plus complexe avec un deuxième scénario qui considère qu’il s’agit d’une forme d’énergie qui proviendrait du vide. Ce cas de figure s’explique donc par les lois de la physique quantique. Et si en théorie cela semble possible, les scientifiques sont loin d’être d’accord sur la faisabilité de ce genre d’entreprise. Le concept d’énergie libre devient parfois le support de spéculations injustifiées. Des scientifiques nous éclairent...

L’idée est maintenant admise, le vide quantique contient une somme d’énergie colossale. « Les particules de matière et d’antimatière qui en jaillissent sont, par exemple, des formes d’énergie. Nous sommes donc témoins d’un tour de passe-passe quantique qui fait apparaître de l’énergie et de la matière à partir de rien, en apparence. C’est une sorte de dérogation, permise par l’incertitude d’Heisenberg. La durée rapide du processus autorise l’emprunt de cette énergie, à condition de la rendre suffisamment tôt », énonce Morvan Salez, ancien chercheur à la NASA et au CNRS. De nombreux scientifiques expliquent ainsi que notre réalité énergétique et matérielle serait comme des vaguelettes apparaissant sur un océan de vide quantique. Notre monde serait une sorte d’emprunt au vide. Ce procédé serait déjà utilisé par la « nature » depuis la nuit des temps. Cependant, l’homme peut-il répliquer cette captation ?

Rendre le virtuel réel

Certains inventeurs semblent avoir mis au point des machines à sur-rendement numéraire – des moteurs qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en ont reçu. Comment savoir d’où provient l’énergie en question ? À l’heure actuelle, il est quasiment impossible d’avoir un réel discernement sur le sujet. Surtout que selon la seconde loi de la thermodynamique, nous devrions toujours perdre un peu d’énergie. Il n’est donc pas possible en théorie d’avoir un moteur qui produise plus d’énergie qu’il ne lui en a été donné à l’entrée. « Pour les scientifiques purs et durs, produire de l’énergie sur- numéraire n’est pas possible. Maintenant, si nous faisons intervenir des particules virtuelles – c’est-à-dire la physique quantique –, il est possible de violer temporairement la loi de conservation de l’énergie puisque les particules le font. Et si nous arrivons à intervenir pendant un temps suffisamment bref et de manière répétitive, il est théoriquement possible de tirer de l’énergie du vide », explique le Pr Marc Henry, enseignant à l’université de Strasbourg et chercheur attaché au CNRS.

« L’idée est donc de dépasser l’incertitude d’Heisenberg pour rendre les particules virtuelles réelles. Mais cela fait intervenir le temps, qui est un des éléments les moins compris de la physique ! », poursuit Marc Henry. Arriver à accéder à l’énergie inépuisable du vide peut paraître prometteur, et un certain nombre de chercheurs se penchent sur la question. Cependant, il est difficile d’avoir une visibilité sur son application concrète. « Tom Bearden, un colonel de l’armée américaine, a écrit des milliers de pages à ce sujet. Visiblement, les militaires ont dépensé beaucoup d’argent pour ses recherches, mais une grande partie est classée top secret », témoigne Marc Henry. « Il y a deux écoles de physiciens. Il y a ceux qui pensent qu’on peut trouver des astuces pour extraire une partie de cette énergie du vide. Et d’autres qui disent que nous ne pourrons pas l’extraire parce que les particules se recombinent tout de suite et qu’elle est, par essence, prisonnière d’un état de potentialité », explique Morvan Salez. Et nombreux sont ceux qui pensent que si ces recherches restent intéressantes, nous devrions plutôt nous concentrer sur les énergies de flux qui sont à notre disposition.

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Un possible encore impossible ?

Comment ne pas penser à Nikola Tesla lorsque le sujet de l’énergie libre est abordé ? Cet ingénieur déclara, il y a plus d’un siècle, qu’il existerait un type d’ondes de nature inconnue qui seraient capables de voyager sur de longues distances, et même de s’ampli er en chemin. La science ne les explique, ni ne les reconnaît. Fantasme d’un savant singulier ? Considéré comme l’un des plus grands découvreurs de l’histoire pour avoir déposé plus de 300 brevets, portant surtout sur l’utilisation de l’électromagnétisme, Nikola Tesla a notamment mis en évidence le principe du radar, la possibilité qu’un objet soit radiocommandé et la faisabilité d’une transmission d’énergie sans fil. Le bruit court que ses travaux sur une arme à énergie dirigée – surnommée « rayon de la mort » et largement reprise par les écrits de science-fiction – auraient été poursuivis par l’armée américaine. Toujours est-il que c’est en 1892 que Tesla envisage le concept d’énergie libre. « Dans quelques générations, nos machines seront animées grâce à une énergie disponible en tous points de l’univers », déclara-t-il. De quoi parlait-il ? Il ne le savait pas lui-même. « Tesla était un ingénieur, il n’avait pas les outils théoriques pour tenter d’expliquer ses découvertes », indique Marc Henry.

Des « ondes de torsion »

Les ondes de Tesla vont faire couler beaucoup d’encre, et il n’existe toujours pas à l’heure actuelle de consensus sur leur existence et leur nature. Le mathématicien Charles Steinmetz annoncera que ces ondes devraient se propager sous forme de spirales et créer par moment des vortex – comme le font tous les flux dans la nature. Des équipes de chercheurs russes élaboreront un modèle théorique qui décrit des « ondes de torsion ». Au début du XXIe siècle, un professeur de physique allemand, Konstantin Meyl, publie des formules mathématiques qui mettraient en évidence ce qu’il nomme des « ondes scalaires ». Après avoir avancé qu’elles étaient de nature électromagnétique, Meyl suppose finalement qu’elles correspondent aux flux de neutrinos qui baignent notre environnement. « Le souci, c’est que chacun a sa définition et que ces différents modèles théoriques ne peuvent cohabiter. Ceci dit, des dispositifs ont peut-être été mis au point. En science, nous n’avons pas besoin de la théorie pour faire des machines », précise Marc Henry. Nous pourrions être en présence de technologies surnuméraires, mais nous n’avons pas de consensus théorique pour les expliquer. Nous sommes sur une frontière scientifique où il est encore difficile de faire la part des choses.

Les énergies de flux disponibles - Le solaire

La Terre reçoit en permanence 170 millions de gigawatts en provenance du soleil.
C’est énorme. Le « solaire passif » consiste à bénéficier directement des rayons du soleil. Le « solaire thermique » utilise des interfaces pour chauffer de l’eau ou des aliments. Le « solaire mécanique » récupère la chaleur pour actionner une machine. Enfin, le « solaire photovoltaïque » utilise des panneaux pour produire de l’électricité.

L’hydraulique

L’énergie hydraulique est aujourd’hui la première source d’énergie renouvelable en France. La longueur des côtes fait de l’Hexagone un pays privilégié pour l’utilisation de cette ressource. Il y aurait plus de quatre-vingt techniques différentes pour récupérer l’énergie des océans, dont le potentiel est faramineux et constant. Vagues et marées, différences de température entre la surface et la profondeur, ne cessent jamais. Pensons également à l’hydroélectricité produite par le courant des rivières.

L’éolien

Le vent est notamment utilisé pour mouvoir des voiliers. Il peut également servir
à actionner des machines qui vont effectuer des tâches précises, tels que des moulins, des pompes. Il peut en n faire tourner des éoliennes pour produire de l’électricité.

La géothermie

Il existe des procédés qui utilisent la chaleur provenant des profondeurs terrestres. Ils peuvent permettre de chauffer une maison, ou de l’eau qui peut actionner des usines de production d’énergie avec de la vapeur.
Il est également possible d’utiliser la biomasse, qui regroupe l’ensemble des matières organiques. Soit par la combustion de bois ou de déchets organiques secs, soit par méthanisation – une fermentation de matières organiques qui va libérer du biogaz.
La biomasse est une énergie fossile qui est toutefois rapidement renouvelable puisqu’elle utilise des végétaux de surface.

EN BREF...

Je suis auteure et journaliste, titulaire d'un Master de philosophie (DEA), de diplomes de psycho-praticienne et d'homéopathe. Mon regard porte sur les nouvelles tendances dans les domaines de la médecine et des thérapies, des sciences du vivant et de la spiritualité.  En savoir plus...

J'oeuvre pour la promotion d'un savoir respectueux de l'intelligence du vivant, de la réalité d'une symbiose entre l'homme et son environnement et de la profonde capacité de l'humanité à évoluer

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